Mesurer ses émissions de gaz à effet de serre est devenu un passage presque obligé pour une entreprise qui veut répondre à des appels d'offres, rassurer ses clients ou simplement piloter sa consommation d'énergie. Mais entre le prix d'un cabinet, le temps à y consacrer et la crainte de mal faire, beaucoup de dirigeants repoussent l'échéance. C'est précisément pour lever ce frein financier que l'État a mis en place un dispositif d'aide dédié, le Diag Décarbon'Action, qui finance à la fois la mesure et le début du passage à l'action.
Ce dispositif est souvent cité, mais rarement expliqué en détail. On entend parler d'une subvention sans savoir exactement ce qu'elle couvre, à qui elle s'adresse, ni ce qu'il reste à payer au bout du compte. Cet article fait le point, étape par étape, pour vous permettre de décider en connaissance de cause. Nous abordons aussi ses limites, car aucune aide n'est une réponse universelle, et il est utile de savoir quand un autre chemin vous mènera plus vite au résultat.
Qu'est-ce que le Diag Décarbon'Action ?
Le Diag Décarbon'Action est un accompagnement subventionné qui aide une entreprise à réaliser son bilan de gaz à effet de serre, puis à bâtir un plan pour réduire ses émissions. Il est porté conjointement par Bpifrance et l'ADEME, l'Agence de la transition écologique, et s'appuie sur la méthode Bilan Carbone, la référence française qui couvre les trois périmètres d'émission que sont les scopes 1, 2 et 3. Si ces notions vous semblent floues, notre article sur les scopes 1, 2 et 3 expliqués simplement en donne une lecture rapide.
L'idée du dispositif n'est pas seulement de produire un chiffre. Il vise à enclencher une dynamique, en confiant l'entreprise à un expert référencé par Bpifrance qui l'accompagne de la collecte des données jusqu'à la restitution à la direction, en passant par un plan d'action chiffré. C'est une différence importante avec un simple calcul d'empreinte : l'accompagnement inclut la phase où l'on transforme la mesure en décisions concrètes, ce que nous détaillons par ailleurs dans notre guide du plan de décarbonation pour PME.
Le dispositif a connu une parenthèse qu'il faut connaître. Victime de son succès et de contraintes budgétaires, il a été suspendu entre le début de l'année 2024 et le printemps 2025, ce qui a inquiété beaucoup d'entreprises. Il a été relancé à la mi-mai 2025 et reste ouvert aux candidatures en 2026. Comme pour toute aide publique, sa disponibilité et ses modalités dépendent des budgets alloués, et il est donc prudent de vérifier l'état du guichet au moment où vous décidez de vous lancer.
Combien ça coûte vraiment, et ce qui reste à payer
C'est la question qui intéresse le plus les dirigeants, et la réponse est plus simple qu'on ne le croit. La prestation est facturée sur une base forfaitaire d'environ 10 000 euros hors taxes par l'expert qui réalise l'accompagnement. Sur ce montant, une subvention d'environ 4 000 euros hors taxes est prise en charge dans le cadre du dispositif, ce qui ramène le reste à charge réel de l'entreprise à environ 6 000 euros hors taxes.
Dans la pratique, le règlement se fait en deux temps. L'entreprise verse d'abord un acompte correspondant à une partie de la prestation au moment de la prise de contact et de la signature du contrat, puis le solde à la fin, une fois le rapport de synthèse et le plan d'action livrés. La subvention lui est ensuite remboursée par Bpifrance sur présentation des justificatifs de paiement. Il faut donc avoir en tête que l'entreprise avance la trésorerie avant de récupérer l'aide, ce qui n'est pas anodin pour une petite structure.
Ces montants sont ceux communément constatés, mais ils peuvent évoluer selon les enveloppes budgétaires, la taille de l'entreprise et les éventuels cofinancements régionaux. Pour une comparaison plus large des prix et des autres aides mobilisables, notre article dédié à la question, combien coûte un bilan carbone pour une PME, replace le Diag Décarbon'Action dans l'ensemble des options de financement.
Qui peut en bénéficier ?
Le dispositif s'adresse aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux entreprises de taille intermédiaire de moins de 500 salariés, tous secteurs d'activité confondus. Cette ouverture sectorielle est l'un de ses atouts : que vous soyez dans l'industrie, le commerce, les services, le bâtiment ou l'agroalimentaire, vous entrez dans le cadre tant que vous respectez le critère de taille.
Quelques conditions complémentaires s'appliquent. L'entreprise doit être immatriculée en France, présenter une situation financière saine, et ne pas avoir déjà bénéficié du même diagnostic. Le dispositif vise en priorité les structures qui n'ont pas encore réalisé de bilan carbone complet, car son objectif est d'amorcer la démarche. Une entreprise déjà avancée dans son reporting climatique trouvera donc moins d'intérêt à ce guichet d'entrée, et aura plutôt besoin d'outils de suivi dans la durée.
Il est utile de rappeler que la grande majorité des TPE et PME ne sont pas légalement obligées de publier un bilan carbone, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'obligation du bilan carbone pour une PME. Le Diag Décarbon'Action s'adresse donc surtout à des entreprises qui font la démarche par choix, sous la pression de leurs clients ou des appels d'offres, plutôt que sous la contrainte de la loi.
Comment se déroule l'accompagnement ?
L'accompagnement s'étale sur une durée de six à huit mois et représente environ douze jours d'intervention d'un expert. Cette durée peut sembler longue, mais elle correspond à la réalité d'une démarche sérieuse, qui demande de collecter des données, de les analyser, puis de construire un plan réaliste avec les équipes. Le travail s'organise classiquement en trois grandes phases.
La première phase est celle de la mesure. L'expert aide l'entreprise à définir son périmètre, à rassembler ses données d'activité, factures d'énergie, de carburant, d'achats, de déplacements, puis à les convertir en émissions à l'aide de facteurs d'émission reconnus. Le résultat est un bilan couvrant les trois scopes, qui révèle où se concentrent réellement les émissions, souvent dans des postes que l'on n'avait pas anticipés.
La deuxième phase consiste à bâtir le plan d'action. À partir des postes les plus lourds, l'expert et l'entreprise identifient des leviers de réduction, les chiffrent en termes d'impact et de coût, et les hiérarchisent dans le temps. C'est le cœur de la valeur du dispositif, car c'est là que la mesure devient une feuille de route. La troisième phase, enfin, porte sur la valorisation de la démarche, c'est-à-dire la manière de communiquer auprès des clients, des salariés et des partenaires sur les engagements pris, sans tomber dans les excès du greenwashing.
Ce que vous obtenez concrètement à la fin
Au terme de l'accompagnement, l'entreprise dispose de trois livrables principaux. Un bilan de ses émissions sur les scopes 1, 2 et 3, qui constitue son point de départ chiffré. Un plan d'action de décarbonation, hiérarchisé et chiffré, qui indique par où commencer et ce que chaque levier peut rapporter. Et une restitution à la direction, qui ancre le sujet au niveau décisionnel et facilite l'engagement des moyens nécessaires.
Ces livrables ont une valeur qui dépasse le seul climat. Un bilan carbone documenté devient un argument dans les réponses aux appels d'offres, un atout pour décrocher certains marchés, et un signal de sérieux auprès des banques et des investisseurs de plus en plus attentifs aux critères extra-financiers. Le dispositif transforme ainsi une obligation perçue en levier de compétitivité, ce qui est sa véritable promesse.
Les limites à connaître avant de se lancer
Le Diag Décarbon'Action est un excellent point d'entrée, mais il n'est pas sans contraintes, et il vaut mieux les connaître à l'avance. La première est l'avance de trésorerie : l'entreprise doit régler l'expert avant de percevoir la subvention, ce qui suppose une capacité de financement temporaire de plusieurs milliers d'euros. La deuxième est le délai : six à huit mois, c'est long quand un appel d'offres impose de fournir un bilan dans quelques semaines.
La troisième limite est la disponibilité du dispositif. Une aide publique dépend des budgets votés, et l'épisode de suspension de 2024 et 2025 a montré que le guichet pouvait fermer temporairement. S'appuyer exclusivement sur cette subvention pour planifier sa démarche comporte donc une part d'incertitude. Enfin, le dispositif est pensé comme un coup d'envoi, pas comme un outil de suivi annuel. Une fois le premier bilan réalisé, l'entreprise a besoin de mettre à jour ses chiffres chaque année et de suivre sa trajectoire, ce que l'accompagnement ponctuel ne couvre pas.
Comment candidater, et par où commencer
La candidature se fait directement en ligne, sur la plateforme du dispositif, où l'entreprise crée un compte, vérifie son éligibilité et est mise en relation avec un expert référencé. Avant de vous lancer, il est utile de rassembler vos justificatifs des douze derniers mois, factures d'énergie, relevés de carburant, données d'achats et de déplacements, car la qualité de votre bilan dépendra directement de la qualité de ces données d'entrée.
Si vous hésitez entre attendre une place dans le dispositif et démarrer tout de suite, gardez en tête que la mesure peut commencer sans attendre. Rien n'empêche de réaliser un premier bilan rapidement, puis de mobiliser une aide pour aller plus loin ou pour structurer un accompagnement. L'important est de ne pas faire de la recherche de subvention un prétexte pour repousser indéfiniment la première mesure.
Diag Décarbon'Action ou une solution comme Sevae ?
Les deux approches ne s'opposent pas, elles répondent à des besoins différents. Le Diag Décarbon'Action est idéal si vous voulez un accompagnement humain approfondi sur plusieurs mois et que le calendrier le permet. Une solution comme Sevae répond à un autre besoin, celui d'obtenir un bilan fiable rapidement, de le mettre à jour facilement chaque année, et de garder la main sur ses données sans dépendre d'un guichet.
Avec Sevae, vous importez vos factures, notre intelligence artificielle en extrait les données, et le moteur calcule vos trois scopes selon la Base Carbone de l'ADEME, avec une trace auditable de chaque hypothèse. Un expert RSE relit ensuite votre rapport et le valide, ce qui vous donne la crédibilité d'un accompagnement humain sans les délais d'un dispositif sur huit mois. Le résultat est compatible avec les référentiels reconnus comme le GHG Protocol et la norme ISO 14064-1, et vous obtenez un plan d'action chiffré. Vous pouvez d'ailleurs comparer le coût d'un abonnement à celui d'un accompagnement classique sur notre page tarifs, et découvrir le déroulé complet sur notre page comment ça marche. Pour beaucoup de PME, la meilleure stratégie consiste à démarrer la mesure avec un outil agile, puis à mobiliser une aide comme le Diag Décarbon'Action si un accompagnement long se justifie.
À retenir
Le Diag Décarbon'Action est l'aide de référence pour financer un premier bilan carbone de PME en France. Il prend en charge environ 4 000 euros d'une prestation forfaitaire d'environ 10 000 euros hors taxes, laissant un reste à charge d'environ 6 000 euros, pour un accompagnement de douze jours réparti sur six à huit mois, ouvert aux entreprises de moins de 500 salariés et relancé depuis mai 2025. Ses points forts sont l'accompagnement humain et le passage à l'action ; ses limites sont l'avance de trésorerie, le délai et la disponibilité incertaine du guichet. Quelle que soit la voie choisie, l'essentiel est de commencer à mesurer, car c'est la seule manière de transformer le climat en avantage concurrentiel plutôt qu'en contrainte subie.
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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Le dispositif Diag Décarbon'Action, ses montants, son taux de subvention, ses conditions d'éligibilité et sa disponibilité dépendent des budgets alloués et peuvent évoluer ou être suspendus. Les chiffres cités sont ceux constatés à la rédaction, en juin 2026, et peuvent varier selon la taille de l'entreprise et les cofinancements régionaux. Vérifiez les modalités applicables à votre situation auprès des sources officielles, notamment Bpifrance et l'ADEME, avant toute décision.